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Les pays nordiques envisagent de fusionner leurs bourses en un marché régional unique

Par La rédactionBusiness
Skyline de Stockholm avec une architecture historique se reflétant sur l'eau sous un ciel clair.
Image d'illustration : skyline de Stockholm (photo générique, sans lien direct avec les discussions sur la fusion des bourses nordiques).Jakob Stöberl · Pexels License

La Suède, la Norvège, la Finlande et le Danemark explorent la possibilité de fusionner leurs bourses nationales en un seul marché régional. Portée par une coalition d'investisseurs réunis sous la bannière « Nordic Compass », dont BlackRock et EQT, l'initiative vise à remédier à la fragmentation d'une épargne nordique estimée à 4 000 milliards de dollars. Les premières propositions concrètes doivent être présentées lors d'un sommet à Göteborg début novembre.

Derrière les grands indices boursiers européens, un projet plus discret avance dans les pays nordiques : la Suède, la Norvège, la Finlande et le Danemark explorent la possibilité de fusionner leurs bourses nationales en un seul marché régional. L'ambition, portée par une coalition d'investisseurs et de gestionnaires d'actifs réunis sous la bannière « Nordic Compass », vise à remédier à un paradoxe bien connu des financiers scandinaves : une épargne considérable, mais dispersée entre quatre places financières de taille modeste.

Un capital abondant, mais fragmenté entre quatre marchés

Selon les informations relayées par Euronews, les fonds de pension et les fonds souverains nordiques géreraient à eux seuls environ 4 000 milliards de dollars d'actifs. Un montant considérable à l'échelle européenne, mais qui reste aujourd'hui réparti entre les bourses de Stockholm, Oslo, Helsinki et Copenhague, chacune relativement restreinte prise isolément. Les promoteurs du projet estiment qu'un marché unifié permettrait d'accroître la liquidité disponible pour les entreprises cotées et d'attirer de nouvelles introductions en Bourse, dans un contexte où plusieurs grandes capitales européennes rivalisent déjà pour séduire les sociétés technologiques et industrielles en quête de financement.

Nordic Compass, une coalition inhabituelle d'investisseurs

L'initiative est pilotée par Nordic Compass, une alliance lancée en mai 2026 et qui revendique plus de 25 organisations membres, parmi lesquelles le géant américain de la gestion d'actifs BlackRock, le fonds d'investissement suédois EQT ou encore le véhicule d'investissement de la famille Wallenberg, l'une des plus influentes dynasties industrielles de Suède. Le groupe de travail consacré aux marchés de capitaux, le « Capital Markets Track », est dirigé par Christian Clausen, président de BlackRock pour les pays nordiques — un signe de l'implication directe des grands gestionnaires d'actifs internationaux dans un dossier habituellement réservé aux opérateurs boursiers eux-mêmes et aux régulateurs nationaux.

Des acteurs historiques à convaincre

La mise en œuvre d'un tel projet suppose toutefois de composer avec des opérateurs qui ne font pas partie de l'alliance Nordic Compass. Le groupe Nasdaq opère aujourd'hui la majorité des bourses nationales nordiques, tandis qu'Euronext, le grand opérateur paneuropéen né de la fusion de plusieurs places boursières continentales, possède pour sa part la Bourse d'Oslo depuis plusieurs années. Le dépositaire central Euroclear, enfin, occupe une position centrale dans le règlement-livraison des titres nordiques. Selon Euronews, Euronext se serait montrée ouverte à la discussion, mettant en avant son propre modèle fédéral — qui réunit déjà sous une même structure les bourses de plusieurs pays européens — comme un gabarit possible pour une future bourse nordique unifiée.

Rendez-vous à Göteborg en novembre

Le dossier doit franchir une étape importante les 4 et 5 novembre 2026, lors d'un sommet organisé à Göteborg, en Suède, où les premières propositions concrètes de la coalition doivent être présentées. À ce stade, le projet demeure toutefois exploratoire : aucune structure juridique, aucun calendrier de fusion ni aucune répartition du capital entre les opérateurs actuels n'a été rendue publique.

Ce qui reste incertain

Les sources consultées ne permettent pas de savoir si les autorités de régulation financière des quatre pays concernés, ni leurs gouvernements respectifs, ont d'ores et déjà pris position sur le projet, ni quel calendrier réaliste pourrait être envisagé entre une première proposition et une éventuelle fusion effective des infrastructures de marché. L'issue des discussions de Göteborg début novembre devrait permettre d'y voir plus clair sur la volonté réelle des opérateurs historiques, Nasdaq en tête, de céder une partie de leur contrôle sur les bourses nordiques actuelles.

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