« You Can See Everything » : le documentaire sur Elizabeth Holmes signe la deuxième meilleure ouverture de l'histoire du genre

Réalisé par Nathan Fielder et Lance Oppenheim, le documentaire « You Can See Everything », consacré aux derniers jours de liberté d'Elizabeth Holmes avant son incarcération, a rapporté environ 15 millions de dollars lors de son week-end d'ouverture en Amérique du Nord. Un résultat largement supérieur aux prévisions des professionnels, qui en fait la deuxième meilleure performance de l'histoire du genre derrière « Fahrenheit 9/11 » de Michael Moore.
Le pari était risqué, il s'est révélé payant. « You Can See Everything », documentaire consacré à Elizabeth Holmes, l'ancienne patronne de la start-up Theranos condamnée pour fraude, a rapporté environ 15 millions de dollars lors de son week-end d'ouverture en Amérique du Nord, selon les premières estimations rapportées par la presse professionnelle américaine. Un résultat spectaculaire pour un film diffusé dans seulement 855 salles, qui en fait la deuxième meilleure ouverture de l'histoire pour un documentaire aux États-Unis et au Canada.
Un tournage mené dans le plus grand secret
Réalisé par Nathan Fielder et Lance Oppenheim, le film dresse un portrait intime d'Elizabeth Holmes dans les jours précédant son incarcération, pour purger une peine de plus de onze ans de prison après sa condamnation pour fraude électronique et association de malfaiteurs. Le tournage, mené entièrement à l'abri des regards, n'a été dévoilé au public qu'en septembre, lors d'une projection surprise au prestigieux Festival du film de Telluride, dans le Colorado — une stratégie de révélation qui a largement contribué à créer l'événement autour de sa sortie en salles.
Des prévisions largement dépassées
Le succès a surpris jusqu'aux observateurs les plus aguerris du secteur. Le magazine professionnel Variety tablait avant sa sortie sur une recette comprise entre 7 et 8 millions de dollars pour le premier week-end. Le film a finalement doublé ces prévisions, avec environ 15 millions de dollars engrangés, et le distributeur A24 a fait état de plus de 2 000 séances affichant complet sur l'ensemble du week-end — un signe de bouche-à-oreille rarement observé pour un documentaire.
Le deuxième meilleur démarrage de l'histoire du genre
Avec ce résultat, « You Can See Everything » devient le deuxième meilleur lancement de l'histoire pour un documentaire en Amérique du Nord, derrière « Fahrenheit 9/11 » de Michael Moore, sorti en 2004 avec 23,9 millions de dollars de recettes lors de son premier week-end — un record vieux de plus de vingt ans qui restait jusque-là hors de portée pour la quasi-totalité des documentaires sortis depuis. À titre de comparaison, le même week-end, le film d'action « Street Fighter » de Paramount dominait le box-office généraliste avec environ 31 millions de dollars.
Une figure déjà très présente à l'écran
Ce n'est pas la première fois que l'affaire Theranos inspire les écrans. Le parcours d'Elizabeth Holmes avait déjà fait l'objet du documentaire « The Inventor », réalisé par Alex Gibney pour HBO en 2019, ainsi que de la minisérie « The Dropout » diffusée sur Hulu en 2022, dans laquelle Amanda Seyfried incarnait la fondatrice déchue. « You Can See Everything » se distingue toutefois par son accès direct et son approche filmée à hauteur d'homme, caractéristique du style de Nathan Fielder, connu pour ses séries « Nathan for You » et « The Rehearsal ».
Où en est Elizabeth Holmes aujourd'hui
Condamnée en 2022 pour avoir trompé investisseurs et patients sur les capacités réelles des technologies de diagnostic sanguin de Theranos, start-up autrefois valorisée plusieurs milliards de dollars, Elizabeth Holmes purge actuellement sa peine depuis environ trois ans. Selon des informations reprises par la presse américaine, elle doit être transférée l'an prochain vers un centre de réinsertion. Sa fortune personnelle, estimée à 4,5 milliards de dollars par le magazine Forbes en 2014 à l'apogée de Theranos, est aujourd'hui évaluée à zéro par le même magazine.
A24, valeur sûre du cinéma indépendant
Ce succès conforte la réputation du studio A24, devenu ces dernières années l'un des acteurs les plus en vue du cinéma indépendant américain, capable de transformer des projets de niche en véritables phénomènes de salle. L'enjeu sera désormais de maintenir cette dynamique dans les semaines à venir, alors que le film doit encore élargir sa diffusion à davantage de salles sur le territoire nord-américain.
Ce qui reste incertain
Le détail de l'accueil critique du film et son calendrier de sortie international n'étaient pas précisés dans les sources consultées au moment de la rédaction de cet article.



