Karma : avec Marion Cotillard, Guillaume Canet signe son meilleur thriller depuis des années

Le thriller Karma, réalisé par Guillaume Canet et porté par Marion Cotillard et Denis Ménochet, sort ce mercredi 21 octobre dans les salles françaises. Présenté au Festival de Cannes, le film entrelace la disparition d'un enfant en Espagne et le retour de son héroïne dans une communauté sectaire, sur fond d'histoire personnelle entre les deux acteurs, aujourd'hui séparés.
C'est l'une des sorties les plus attendues de la semaine au cinéma. Karma, nouveau long-métrage réalisé par Guillaume Canet, arrive ce mercredi 21 octobre dans les salles françaises, porté par un trio d'acteurs solide : Marion Cotillard, Denis Ménochet et l'Argentin Leonardo Sbaraglia. Un thriller présenté quelques mois plus tôt au Festival de Cannes, où il avait déjà fait parler de lui, autant pour son scénario que pour l'histoire personnelle qui lie son réalisateur à son actrice principale.
Une double intrigue, entre Espagne et communauté sectaire
Le film suit Jeanne, interprétée par Marion Cotillard, dont la vie bascule après la disparition mystérieuse de son filleul en Espagne. Son enquête la ramène vers une communauté qu'elle avait fuie en France, menée par un personnage incarné par Denis Ménochet. Les critiques ayant pu voir le film saluent un équilibre réussi entre ces deux récits : d'un côté une enquête à l'atmosphère tendue, de l'autre le retour dans un huis clos rural où la demeure de la communauté acquiert presque le statut de personnage à part entière. La mise en scène, la lumière et les décors contribuent à distinguer nettement les deux univers.
Denis Ménochet, habitué à des rôles plus frontaux, est décrit comme « terrifiant » dans un emploi à contre-courant de ce qu'on lui connaît habituellement. Leonardo Sbaraglia apporte, de son côté, une forme d'innocence au récit et incarne le regard du spectateur plongé dans cet univers. Le film interroge au passage des thèmes plus larges : la famille, la ruralité, l'emprise d'un groupe sur ses membres, et la tension entre modernité et tradition.
Un film écrit « pour » Marion Cotillard
Au-delà de l'intrigue, Karma s'est aussi fait connaître pour ce qu'il dit de la relation entre ses deux têtes d'affiche. Guillaume Canet et Marion Cotillard, en couple pendant de nombreuses années et parents de deux enfants, se sont séparés il y a environ un an. Lors de la présentation du film au Festival de Cannes, le réalisateur avait livré une déclaration remarquée à son ex-compagne, expliquant avoir écrit ce film pour elle. Les deux artistes sont par la suite revenus ensemble sur cette montée des marches commune, évoquant une relation qui, selon les mots de l'actrice, est restée marquée par une attention particulière de son ex-compagnon à son égard.
Cette dimension personnelle, mise en scène sans être étalée, nourrit la réception du film : plusieurs observateurs y voient une œuvre où la tension entre les personnages doit beaucoup à la alchimie réelle entre les deux interprètes, qui se connaissent par cœur après des années de vie commune et plusieurs collaborations à l'écran.
Le meilleur Canet depuis « Ne le dis à personne » ?
Sur le plan critique, l'accueil est particulièrement positif. Plusieurs médias spécialisés qualifient Karma de meilleur film de Guillaume Canet depuis Ne le dis à personne (2006), adaptation du roman de Harlan Coben qui avait révélé ses talents de cinéaste de genre. Le thriller reste, selon la critique, le registre où le réalisateur est le plus à l'aise, loin de la comédie dramatique chorale de Les Petits Mouchoirs ou de la comédie plus légère d'Astérix et Obélix : L'Empire du Milieu, deux films jugés moins convaincants dans sa filmographie.
Seul bémol relevé par certains observateurs : la densité du récit, qui multiplie les pistes narratives et les personnages secondaires, au risque de demander une attention soutenue au spectateur. Un défaut mineur au regard du verdict d'ensemble, largement favorable, qui place Karma parmi les sorties incontournables de cette semaine de la Toussaint, aux côtés du retour très attendu d'Omar Sy dans la saison 4 de Lupin.
Ce qui reste incertain
Les chiffres de fréquentation en salles pour le premier jour d'exploitation n'étaient pas encore disponibles à l'heure de la publication de cet article ; ils permettront de mesurer si l'accueil critique se traduit par un succès public à la hauteur des attentes placées dans ce film.



