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Goncourt 2026 : huit romans en lice, sur fond de polémique autour de l'IA

Par La rédactionCulture
Une pile de livres à couverture rigide vintage sur une table en bois dans un cadre de bibliothèque confortable.
Image d'illustration : pile de livres (photo générique, sans lien avec le prix Goncourt)Suzy Hazelwood · Pexels License

L'Académie Goncourt a dévoilé sa deuxième sélection de huit romans pour l'édition 2026 du prix, deux semaines après avoir retiré un texte soupçonné d'avoir été rédigé à plus de 95 % par une intelligence artificielle. La liste des quatre finalistes doit être annoncée le 27 octobre, avant le nom du lauréat le 3 novembre.

L'Académie Goncourt a dévoilé sa deuxième sélection pour l'édition 2026 de son prestigieux prix littéraire : huit romans, contre seize lors de la première liste publiée début septembre. Cette étape, habituellement discrète, intervient cette année sur fond de controverse inédite autour de l'intelligence artificielle, après le retrait d'un texte soupçonné d'avoir été rédigé en grande partie par une IA générative.

Huit romans en lice

La deuxième sélection, dévoilée début octobre par le site Livres Hebdo, retient huit titres : « Minotaure » de Boris Bergmann (Albin Michel), « Le fabuleux piano » de Sonia Devillers (Robert Laffont), « Nous aussi » d'Anne Godard (Actes Sud), « La solitude des professeurs est infinie » de Yannick Haenel (Gallimard), « L'inconnue du Quai de Javel » de Philippe Jaenada (Flammarion), « Choses que je croyais perdues » de Clémentine Mélois (L'Arbalète/Gallimard), « De l'autre côté du lac » de Sylvain Prudhomme (Minuit) et « La Guerre éternelle » d'Olivier Rolin (Gallimard).

Cette sélection s'inscrit dans la 124e édition du prix, l'un des plus anciens et des plus prestigieux de la littérature française, décerné chaque année par un jury de dix académiciens parmi lesquels Christine Angot, Pierre Assouline, Tahar Ben Jelloun, Pascal Bruckner, Françoise Chandernagor, Philippe Claudel, Paule Constant, Camille Laurens et Eric-Emmanuel Schmitt.

Un roman retiré après des soupçons d'écriture par IA

La deuxième liste ne comprend plus « C'était ça ou mourir », de Thélyson Orélien (Grasset), qui figurait pourtant parmi les seize romans de la première sélection annoncée le 2 septembre. Le compte « Balance ton Claude », s'appuyant sur le détecteur d'intelligence artificielle Pangram, avait affirmé que l'ouvrage aurait été écrit à plus de 95 % à l'aide d'une IA générative. L'Académie Goncourt a retiré le livre de la sélection le 25 septembre.

Cette affaire a provoqué une onde de choc dans le monde littéraire français, relayée jusque dans la presse internationale. Le président de l'Académie, Philippe Claudel, a annoncé le 6 octobre sur France Inter vouloir faire évoluer le règlement du prix pour y interdire explicitement le recours à l'intelligence artificielle. Cette proposition a été discutée par les académiciens le mercredi 7 octobre, sans qu'un vote soit obligatoirement organisé dans la foulée.

Les huit finalistes passés au détecteur d'IA

Dans la foulée de la polémique, l'Académie a soumis l'ensemble des huit romans de la deuxième sélection à un détecteur d'intelligence artificielle. Selon Philippe Claudel, les textes ont « passé le test haut la main », à l'exception de quelques « scories ridicules » jugées sans conséquence. Cette vérification inédite illustre la vigilance désormais exercée par le jury face à la généralisation des outils d'écriture assistée par IA, un sujet qui agite l'ensemble du monde de l'édition depuis plusieurs mois.

Calendrier serré avant la remise du prix

La suite du calendrier s'annonce resserrée. La liste des quatre finalistes doit être dévoilée le 27 octobre, deux jours seulement après cette deuxième sélection. Le nom du lauréat sera ensuite proclamé le 3 novembre, selon la tradition, au restaurant Drouant, à Paris.

Pour mémoire, le prix 2025 avait été attribué à « La maison vide » de Laurent Mauvignier (Minuit), élu dès le premier tour de scrutin par six voix contre quatre pour « Le bel obscur » de Caroline Lamarche (Seuil). Selon les chiffres de NielsenIQ Bookdata/Electre, « La maison vide » avait dépassé les 637 000 exemplaires vendus, contre 460 000 pour « Houris » de Kamel Daoud, lauréat de l'édition 2024, une indication de l'effet de vente considérable que peut produire le prix sur l'ouvrage couronné.

Un symbole pour toute l'édition française

Au-delà de la polémique entourant l'intelligence artificielle, cette édition 2026 du Goncourt illustre les tensions croissantes entre le monde littéraire et les nouveaux outils d'écriture automatisée. En retirant un roman soupçonné d'avoir été rédigé par une IA et en se dotant d'un dispositif de vérification systématique, l'Académie Goncourt entend réaffirmer la valeur du travail d'écriture humaine, dans un contexte où plusieurs maisons d'édition et plateformes de lecture s'interrogent sur la manière d'encadrer l'usage de ces outils.

Ce qui reste incertain

L'issue du débat sur la modification du règlement de l'Académie concernant l'intelligence artificielle n'était pas connue au moment de la publication de cet article, les académiciens n'ayant pas d'obligation de voter immédiatement après leur discussion du 7 octobre. Le détail des méthodes de détection utilisées par le jury pour vérifier les huit romans finalistes n'a pas non plus été précisé publiquement.

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