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Ukraine-Russie : une nuit de frappes croisées sur l'énergie, la trêve de Trump de nouveau ignorée

Par La rédactionMonde
Usine industrielle avec reflet dans l'eau au crépuscule, montrant les cheminées et les lumières.
Image d'illustration : site industriel et terminal pétrolier de nuit (photo générique, sans lien avec les frappes en Ukraine et en Russie)Illustration, non photographiqueJohannes Plenio · Pexels License

Dans la nuit de samedi à dimanche, des drones ukrainiens ont visé un terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg tandis que des frappes russes privaient d'électricité des dizaines de milliers d'Ukrainiens dans plusieurs régions. Ces échanges interviennent alors que la trêve énergétique annoncée unilatéralement par Donald Trump une semaine plus tôt n'a été respectée par aucun des deux camps.

Dans la nuit de samedi à dimanche, l'Ukraine et la Russie se sont de nouveau frappées mutuellement sur leur infrastructure énergétique, au mépris d'une trêve que le président américain Donald Trump avait annoncée unilatéralement une semaine plus tôt. À Saint-Pétersbourg, des drones ukrainiens ont visé un terminal pétrolier, provoquant d'importants incendies. En Ukraine, des frappes russes ont coupé l'électricité à des dizaines de milliers de foyers dans plusieurs régions de l'ouest et du centre du pays.

Incendies et coupures de courant à Saint-Pétersbourg

Selon les autorités régionales russes, une attaque de drones a visé dans la nuit le terminal pétrolier de la ville, déclenchant plusieurs départs de feu. Le gouverneur de la région, Alexandre Beglov, a qualifié l'attaque de « massive ». Elle a fait, selon son bilan, un mort et cinq blessés. Les pompiers ont également combattu des incendies au dépôt pétrolier de Routchi et dans des entrepôts industriels du sud de la ville, où un centre logistique du groupe de commerce en ligne Ozon a été endommagé. Une douzaine d'immeubles résidentiels et deux maisons individuelles ont subi des dégâts, et environ 20 000 personnes ont été privées d'électricité dans la région de Léningrad.

L'agence de presse russe TASS a qualifié cette frappe de plus importante attaque de drones subie par la région depuis le début de la guerre, affirmant que 145 appareils avaient été interceptés. À une échelle plus large, le ministère russe de la Défense a revendiqué la destruction de plus de 1 000 drones ukrainiens dans la nuit, au-dessus d'une quinzaine de régions du sud et de l'ouest du pays, dont celle de Moscou. Le réseau social russe VKontakte a par ailleurs signalé une attaque visant un de ses centres de données dans la région, tout en assurant que ses services continuaient de fonctionner normalement.

Des dizaines de milliers de foyers ukrainiens dans le noir

En miroir, l'armée russe a frappé des infrastructures électriques dans plusieurs régions ukrainiennes, notamment à Vinnytsia, Jytomyr, Khmelnytsky et Odessa. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fait état d'au moins deux morts et douze blessés, dont deux enfants, et de dizaines de milliers de foyers privés d'électricité. Ces frappes s'inscrivent dans une campagne russe reprise depuis trois semaines contre le réseau électrique ukrainien, qui fait craindre un hiver particulièrement difficile pour la population civile, à l'approche des grands froids.

Kiev justifie de son côté ses propres frappes sur les infrastructures pétrolières et gazières russes comme des représailles aux bombardements subis par son réseau énergétique depuis le début de l'invasion en 2022, mais aussi comme un moyen de réduire les revenus tirés des hydrocarbures qui financent, selon elle, l'effort de guerre de Moscou. Depuis début octobre, l'Ukraine a également frappé plusieurs centres de données en Russie, dont ceux du groupe technologique Yandex.

Une trêve énergétique restée lettre morte

Ces échanges de frappes interviennent une semaine après l'annonce par Donald Trump d'une trêve énergétique unilatérale entre les deux belligérants, le 11 octobre. Dès les jours suivants, Volodymyr Zelensky avait accusé la Russie de poursuivre ses attaques contre des installations censées être couvertes par cet accord, écrivant sur le réseau social X que « jamais auparavant la Russie n'avait manifesté un tel mépris ostentatoire envers les États-Unis ». De fait, ni Moscou ni Kiev n'ont suspendu leurs frappes réciproques sur l'énergie depuis cette annonce, la trêve n'ayant jamais été formalisée par un texte contraignant accepté des deux parties.

« Jamais auparavant la Russie n'avait manifesté un tel mépris ostentatoire envers les États-Unis », a écrit Volodymyr Zelensky après une précédente série de frappes, le 14 octobre.

Washington, arbitre ambigu

Les relations entre Washington et Kiev restent par ailleurs tendues. Donald Trump reproche publiquement au président ukrainien de viser les raffineries russes, qu'il juge en partie responsables de la flambée mondiale des prix du carburant — elle-même alimentée par la guerre opposant les États-Unis et Israël à l'Iran depuis cet été. Un décret présidentiel américain a par ailleurs exempté la Russie de nouvelles sanctions, décision dénoncée par Kiev et qui ferait suite à un accord permettant aux États-Unis d'importer d'importants volumes de diesel russe. Selon un responsable ukrainien cité par plusieurs médias, Washington aurait même menacé de suspendre le partage de renseignements avec Kiev si l'Ukraine ne cessait pas ses attaques contre les raffineries russes.

Ce qui reste incertain

Les bilans humains et matériels communiqués par les deux camps n'ont pas pu être vérifiés de façon indépendante au moment de la publication de cet article, chaque partie étant à la fois source et cible des informations qu'elle diffuse. Le nombre exact de drones effectivement abattus par la défense antiaérienne russe, tout comme l'ampleur réelle des coupures de courant en Ukraine, ne peuvent donc être confirmés de manière indépendante à ce stade.

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