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Mali : plus de 2 400 écoles restent fermées pour la rentrée, l'insécurité gagne du terrain

Par La rédactionMonde
Salle de classe vide avec des pupitres et un tableau noir, dans une école rurale (photo d'illustration)
Image d'illustration : salle de classe vide (photo générique, sans lien avec les écoles fermées au Mali)Elizabeth Lizzie · Pexels License

À l'occasion de la rentrée scolaire 2026-2027, lancée le 1er octobre à Bamako, le ministère malien de l'Éducation reconnaît que plus de 2 400 établissements ne peuvent pas rouvrir en raison de l'insécurité. Des régions entières, du centre au nord du pays, restent coupées d'un accès normal à l'école malgré les appels du gouvernement à la mobilisation.

La rentrée scolaire malienne, officiellement lancée le 1er octobre à Bamako, s'est ouverte sur un constat amer : selon le ministère de l'Éducation nationale, plus de 2 400 écoles ne sont pas en mesure de rouvrir leurs portes pour l'année 2026-2027. En cause, une insécurité qui continue de gagner du terrain dans plusieurs régions du pays, en particulier dans le centre et le nord.

Le lancement officiel de l'année scolaire s'est tenu dans le quartier de Médina-Coura, à Bamako, en présence de responsables du ministère. Mais la cérémonie contrastait avec la situation sur le terrain : dans des localités comme Bankass, Douentza ou Macina, dans le centre du pays, ainsi qu'à Tombouctou, Kidal et Gao, dans le nord, de nombreux établissements restent non fonctionnels, faute d'enseignants, de matériel ou tout simplement de conditions de sécurité suffisantes.

Une dégradation progressive depuis plusieurs années

Le phénomène n'est pas nouveau mais il s'aggrave. Depuis plusieurs années, le nombre d'écoles fermées augmente au fil de l'extension des zones sous influence de groupes armés, qu'il s'agisse de groupes jihadistes liés à al-Qaïda ou à l'État islamique, ou de milices locales profitant du vide sécuritaire. Les enseignants, souvent originaires d'autres régions ou simplement menacés sur place, désertent certains postes, et les parents craignent d'envoyer leurs enfants sur des trajets jugés dangereux.

Le gouvernement malien, dirigé depuis 2021 par une junte militaire conduite par le colonel Assimi Goïta, a fait de l'éducation l'un des thèmes affichés de son discours institutionnel : le président a proclamé l'année 2026-2027 « Année de l'Éducation et de la Culture », une manière de mettre en avant la priorité donnée au secteur, alors même que les chiffres de la rentrée illustrent les limites de cette ambition face à la réalité du terrain.

Des mesures d'urgence pour limiter la casse

Face à cette situation, les autorités éducatives disent miser sur des solutions de contournement plutôt que sur une résolution rapide de la crise sécuritaire elle-même. Le ministre de l'Éducation, Amadou Sy Savané, a appelé « l'ensemble des acteurs du système éducatif à s'impliquer pour assurer le bon déroulement » de l'année scolaire. Sur le terrain, l'inspecteur général Diakalia Koné a détaillé une partie du dispositif : le recrutement de volontaires pour enseigner « dans les localités où l'école n'est pas fonctionnelle », afin de suppléer autant que possible à l'absence de personnel titulaire.

Autre levier mobilisé : le déplacement d'élèves issus des zones les plus affectées vers des localités plus stables. Un exemple cité par plusieurs médias locaux concerne la région de Kidal, où une partie de la rentrée scolaire a été organisée à Gao, avec l'appui logistique de l'Unicef, faute de pouvoir garantir un fonctionnement normal sur place.

Un enjeu qui dépasse la seule année scolaire

Au-delà des chiffres de cette rentrée, c'est bien la trajectoire de long terme qui inquiète les observateurs de l'éducation au Sahel. Une génération d'enfants maliens grandit avec un accès à l'école de plus en plus aléatoire, dans des zones où l'État peine à maintenir une présence stable. Les organisations humanitaires présentes dans la région alertent régulièrement sur les conséquences : déscolarisation prolongée, risque accru de recrutement par des groupes armés, et fragilisation du tissu social dans les communautés les plus isolées.

Le Mali n'est pas un cas isolé dans la région : les pays voisins membres de l'Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) font face à des dynamiques similaires, avec des centaines d'écoles fermées de part et d'autre des frontières communes, selon des constats répétés d'agences onusiennes ces dernières années.

Ce qui reste incertain

Le nombre exact d'élèves directement privés de scolarisation par ces fermetures n'est pas précisé de façon homogène selon les sources consultées, certaines évoquant des centaines de milliers d'enfants concernés sur l'ensemble du territoire sans détail région par région. De même, aucun calendrier officiel de réouverture progressive de ces établissements n'a été communiqué par le ministère à ce stade.

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