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Kenya : le prix du carburant s'envole, otage de la guerre au Moyen-Orient

Par La rédactionBusiness
Panneau de carburant diesel sur des tuyaux métalliques contre un fond noir foncé la nuit.
Image d'illustration : pompe à carburant (photo générique, sans lien avec la situation au Kenya)Bo Stevens · Pexels License

Au Kenya, les prix de l'essence, du diesel et du kérosène ont bondi pour le cycle du 15 octobre au 14 novembre, sous l'effet conjugué de la fin des subventions publiques et de la flambée du pétrole brut liée au conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Le gouvernement assure que les stocks sont suffisants, mais les automobilistes kényans redoutent une nouvelle poussée inflationniste.

Les automobilistes et les ménages kényans vont payer plus cher leur carburant pour le mois à venir. L'autorité de régulation de l'énergie et du pétrole (EPRA) a annoncé, le 15 octobre, de nouveaux prix plafonds pour le cycle courant jusqu'au 14 novembre, avec des hausses allant de près de 10 à près de 28 shillings kényans par litre selon les produits.

Des hausses sensibles sur tous les carburants

À Nairobi, le litre de super essence passe de 214,03 à 226,96 shillings (+12,93), le diesel de 217,86 à 227,76 shillings (+9,90), et le kérosène ménager connaît la plus forte progression, de 191,38 à 219,87 shillings (+28,49). Des hausses comparables sont enregistrées à Mombasa, où l'essence atteint désormais 223,81 shillings, le diesel 224,61 shillings et le kérosène 216,71 shillings.

Le directeur général de l'EPRA, Edward Mwirigi Kinyua, a justifié ces hausses par la demande du marché mondial et par le conflit opposant les États-Unis, Israël et l'Iran, qualifiant le mois de septembre de « pire mois » depuis le début de cette guerre pour les marchés pétroliers. Le baril de Brent, référence pour environ les deux tiers du pétrole échangé dans le monde, progressait de 0,8 % à 106,58 dollars le 14 octobre.

La fin des subventions amplifie le choc

Au-delà du contexte géopolitique, cette hausse s'explique aussi par un choix de politique intérieure : le gouvernement kényan a mis fin, à partir de ce cycle, au mécanisme de subvention au carburant qui était appliqué depuis avril. Aucune mesure de stabilisation ne sera appliquée ce mois-ci, l'exécutif affirmant vouloir préserver ses réserves pour amortir de futures hausses. Le coût moyen d'importation a par ailleurs augmenté entre août et septembre d'environ 11,8 % pour l'essence, 11,3 % pour le diesel et 9,4 % pour le kérosène.

La Banque centrale du Kenya, dans son bulletin hebdomadaire du 11 octobre, a elle aussi pointé la hausse de la demande mondiale et les tensions au Moyen-Orient pour expliquer la progression des cours : le baril de pétrole Murban, autre référence régionale, est passé de 76,54 à 78,62 dollars entre le 2 et le 9 octobre.

Le gouvernement se veut rassurant sur l'approvisionnement

Le secrétaire d'État à l'Énergie, Opiyo Wandayi, a assuré que les stocks nationaux restaient suffisants et que l'approvisionnement n'avait pas été interrompu, grâce notamment à l'accord de gouvernement à gouvernement conclu avec des fournisseurs du Golfe. Il a toutefois reconnu que la crise mondiale renchérissait le coût des importations et pesait inévitablement sur les prix à la pompe.

Un autre front judiciaire reste ouvert : la Haute Cour a prolongé jusqu'au 15 octobre une ordonnance interdisant à l'EPRA d'appliquer une hausse de 25 shillings par litre de la taxe d'entretien routier (Roads Maintenance Levy), une mesure contestée devant la justice qui, si elle entrait en vigueur, alourdirait encore la facture des automobilistes.

Une pression supplémentaire sur des ménages déjà fragilisés

Pour les analystes, cette nouvelle hausse fait planer le risque d'une remontée de l'inflation, après des mois de stabilisation des prix. Les transporteurs, déjà confrontés à des marges resserrées, devraient répercuter une partie du surcoût sur le prix des biens de consommation courante, dans un pays où le carburant pèse directement sur le coût du transport de marchandises et donc sur l'ensemble de la chaîne de prix. De nombreux automobilistes kényans expriment leur lassitude face à des décisions de tarification qu'ils jugent dictées par des forces, nationales comme internationales, échappant largement à leur contrôle.

Ce qui reste incertain

L'évolution du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, dont dépend largement la trajectoire future des cours du pétrole, demeure imprévisible. De même, l'issue de la procédure judiciaire concernant la taxe d'entretien routier n'était pas connue au moment de la publication de cet article, pas plus que l'impact précis que ces hausses auront sur l'inflation kényane dans les prochaines semaines.

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