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Cinéma : Imperium, de Sergei Loznitsa, remporte le prix du meilleur film au 70e BFI London Film Festival

Par La rédactionCulture
Gros plan détaillé d'une bobine de film vintage sur un fond sombre.
Image d'illustration : bobine de film vintage (photo générique, sans lien avec le film Imperium ou le BFI London Film Festival)Dmitry Demidov · Pexels License

Le 70e BFI London Film Festival a dévoilé samedi 18 octobre les lauréats de ses compétitions officielles. Le prix du meilleur film revient à Imperium, du cinéaste Sergei Loznitsa, réalisateur ukrainien né en Biélorussie, qui signe un montage d'archives sur l'empire soviétique des années 1970. Les autres prix récompensent des œuvres venues de Thaïlande, de Jordanie et du Royaume-Uni, reflet de la diversité internationale de cette édition.

Après dix jours de projections, le 70e BFI London Film Festival a rendu son verdict. Samedi 18 octobre, le jury de la compétition officielle a décerné son prix du meilleur film à Imperium, du cinéaste Sergei Loznitsa, réalisateur ukrainien né en Biélorussie et connu pour ses films d'archives consacrés à l'histoire soviétique. Les autres compétitions du festival ont, elles, récompensé des œuvres venues de Thaïlande, de Jordanie et du Royaume-Uni — à l'image de la vocation résolument internationale de cette édition anniversaire.

Imperium, une plongée dans les archives de l'empire soviétique

D'une durée de 176 minutes, Imperium est une coproduction entre l'Allemagne, la France, l'Italie et la Lituanie. Le film est entièrement construit à partir d'images tournées par des caméramans italiens en Union soviétique au début des années 1970, que Sergei Loznitsa a retrouvées aux archives audiovisuelles du mouvement ouvrier et démocratique de Rome. Le réalisateur explique avoir été frappé par la manière dont ces images tranchaient avec les productions officielles soviétiques de la même époque.

Le film s'ouvre à Moscou avant de s'enfoncer dans les régions de l'empire, où apparaissent des coutumes, des croyances et des traits culturels différents, donnant à voir la force avec laquelle l'empire soviétique tenait ses peuples sous sa coupe. Le BFI le décrit comme « un réquisitoire saisissant contre l'impérialisme russe, hier comme aujourd'hui ». Le jury du festival, présidé par le monteur et documentariste américain Sam Pollard, a salué l'ampleur du projet et la perspective émotionnelle qu'il parvient à donner à des images d'archives.

Un premier film thaïlandais et un documentaire sur la Jordanie également distingués

Dans la catégorie du premier film (Sutherland Award), c'est 9 Temples to Heaven, du réalisateur thaïlandais Sompot Chidgasornpongse, qui l'emporte. Le film suit une grand-mère qui, poussée par une prophétie, entreprend un pèlerinage vers neuf temples avec ses enfants et petits-enfants. Le jury, présidé par l'acteur Amir El-Masry, a salué sa manière méditative d'aborder la vie et la mort à travers les générations. Une mention spéciale est allée à MASC, du Suédois Bertil Nilsson, qui suit la quête d'appartenance d'un jeune homme à travers des emplois précaires et ses relations.

Côté documentaire, le Grierson Award distingue Concrete Land, de la réalisatrice jordanienne Asmahan Bkerat, consacré à une famille bédouine palestinienne déplacée en Jordanie. Le jury, présidé par la cinéaste britannique Sandhya Suri, a salué la patience de l'observation, le travail sur le son et la relation de confiance nouée par la réalisatrice avec la famille filmée. Une mention spéciale a été attribuée à Queer Edward II, de Theo Rollason, qui met en parallèle le tournage du film Edward II de Derek Jarman et les législations anti-LGBT.

Un court métrage britannique sur la transidentité récompensé

Le prix du court métrage est revenu à Aman, de Rahul Roye, qui suit un homme trans découvrant qu'il est enceint avant une opération de réassignation de genre. Le jury, présidé par la productrice Helen Simmons, a salué la nuance de ses personnages et son refus des réponses faciles. Une mention spéciale a récompensé Daughters of the Late Colonel, d'Elizabeth Hobbs, portrait de deux sœurs d'âge mûr après la mort de leur père autoritaire, pour son style visuel inventif et son mélange d'humour et de gravité.

Les prix du public encore à venir

Quelques jours avant l'annonce de ces prix de jury, le BFI avait également dévoilé les lauréats des BFI & Chanel Filmmaker Awards, le 14 octobre à Londres : quatre jeunes cinéastes britanniques — Rich Felgate, Olive Nwosu, Imran Perretta et Rachel Taparjan — ont chacun reçu 20 000 livres pour poursuivre leurs projets, décernées par un jury réunissant notamment les actrices Jessie Buckley et Gwendoline Christie.

Restent à venir les prix du public, votés par les spectateurs tout au long du festival : les résultats ne seront connus qu'après la clôture des votes, fixée au 21 octobre.

Ce qui reste incertain

Les dates de sortie en salles de la plupart des films primés, dont Imperium, n'ont pas été précisées par le festival. On ignore également si ce prix du meilleur film influencera la sélection du film pour représenter l'un des pays coproducteurs aux prochains Oscars, une question que la presse spécialisée n'a pas encore tranchée à ce stade.

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