Thaïlande : les inondations ont fait au moins 53 morts, Bangkok sous tension avant les assemblées du FMI

Les inondations qui frappent la Thaïlande depuis la mi-septembre ont fait au moins 53 morts et touché plus de 3,15 millions de personnes dans vingt-et-une provinces, selon le bilan communiqué le 10 octobre par les autorités. À Bangkok, où 329 000 foyers restent sinistrés, le gouvernement presse les équipes de secours d'accélérer la remise en état avant l'arrivée, mi-octobre, des délégations du FMI et de la Banque mondiale.
Depuis la mi-septembre 2026, la Thaïlande fait face à l'un des épisodes de mousson les plus destructeurs de ces dernières années. Selon le Département de la prévention et de l'atténuation des catastrophes (DDPM), le bilan atteignait 53 morts au 10 octobre, pour plus de 3,15 millions de personnes touchées dans vingt-et-une provinces et plusieurs quartiers de la capitale.
Un bilan qui s'alourdit de semaine en semaine
Les chiffres officiels ont nettement augmenté en l'espace de quelques jours : le 8 octobre, les autorités recensaient encore 44 décès et environ 3,13 millions de personnes affectées, pour 1,14 million de foyers concernés. Deux jours plus tard, le DDPM annonçait 53 morts et plus de 1,13 million de foyers sinistrés, un chiffre en légère baisse qui traduit surtout le reclassement de certains foyers plutôt qu'un vrai répit. À Bangkok seule, environ 329 000 foyers restent touchés.
La répartition géographique du désastre reste inégale. Selon les données consultées le 8 octobre, la province de Prachin Buri, au nord-est de Bangkok, concentre à elle seule 19 décès, suivie par Samut Prakan avec neuf morts. Nakhon Nayok et la capitale comptent chacune quatre victimes, les huit décès restants étant répartis dans cinq autres provinces. Ce 8 octobre, les eaux montaient encore dans sept provinces — Sing Buri, Suphan Buri, Phra Nakhon Si Ayutthaya, Samut Prakan, Pathum Thani, Samut Songkhram et Chachoengsao —, tandis qu'elles refluaient dans dix autres et restaient stables dans les quatre dernières.
Des origines remontant à fin septembre
L'épisode trouve son origine dans des pluies torrentielles tombées fin septembre : à Bangkok, l'état d'urgence inondation a été déclaré le 26 septembre après environ 48 heures de précipitations continues, avec plus de 300 mm d'eau enregistrés dans certains quartiers. Les premières victimes à Bangkok illustrent la brutalité de la crue : une femme de 58 ans électrocutée dans le parking d'une résidence du district de Khlong Chan, un homme de 73 ans noyé en tentant de mettre ses affaires à l'abri, et un homme grabataire de 78 ans mort noyé faute d'avoir pu évacuer, tous deux dans le district de Bueng Kum.
Depuis, selon le directeur général du DDPM, Nirat Pongsitthaworn, le phénomène s'explique par la combinaison de pluies soutenues et d'une masse d'eau qui redescend progressivement du nord du pays vers le sud, submergeant au passage le bassin de la rivière Chao Phraya qui traverse Bangkok.
Bangkok sous pression à la veille des assemblées du FMI
La situation prend une dimension particulière alors que la capitale thaïlandaise doit accueillir, du 12 au 18 octobre, les assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, un rendez-vous majeur pour la diplomatie économique régionale. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a présidé une réunion consacrée à la gestion de la catastrophe, demandant d'accélérer la remise en état des zones touchées, de renforcer la surveillance des secteurs encore vulnérables et de préparer la population à d'éventuelles nouvelles crues. Les autorités souhaitent, selon la presse locale, éviter que les inondations ne viennent perturber le déroulement de ces assemblées internationales.
Le Département météorologique thaïlandais a par ailleurs émis une alerte pour la période du 9 au 13 octobre, annonçant de fortes pluies, des vents violents, de la grêle et des orages épars dans le Nord-Est, l'Est, le Centre et le Sud du pays — un signe que l'épisode n'est pas encore terminé.
Sur le terrain, une course contre la montre
Dans les zones où les eaux reculent, les équipes du DDPM et des autorités locales multiplient les opérations de pompage et de nettoyage, tout en procédant à l'évaluation des dégâts et au recensement des foyers sinistrés pour faciliter la distribution d'aide. Selon la Bangkok Metropolitan Administration, il faut généralement deux à trois jours après l'arrêt des pluies pour que les eaux stagnantes finissent de s'évacuer dans les quartiers les plus touchés de la capitale.
« Nous demandons aux équipes d'accélérer la remise en état, de surveiller les zones encore vulnérables et de préparer la population à d'éventuelles nouvelles précipitations », a résumé le Premier ministre Anutin Charnvirakul à l'issue de la réunion de crise.
Ce qui reste incertain
Les bilans humains communiqués par les autorités thaïlandaises évoluent presque quotidiennement et varient légèrement selon les sources et les dates de publication consultées, ce qui rend difficile un décompte définitif à ce stade. De même, l'ampleur exacte des dégâts matériels et la durée totale de l'épisode de mousson ne sont pas encore connues, les prévisionnistes annonçant de nouvelles pluies au moins jusqu'au 13 octobre.



