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Startups africaines : le financement vise les 3 milliards de dollars en 2026, porté par le Nigeria et le Bénin

Par La rédactionBusiness
Vue aérienne des gratte-ciel modernes de Nairobi et de son paysage urbain animé sous un ciel dégagé.
Image d'illustration : vue aérienne de Nairobi, au Kenya (photo générique, sans lien direct avec les startups ou opérations mentionnées dans l'article)Ken Mwaura · Pexels License

Les startups africaines ont dépassé les 2 milliards de dollars de financement sur les huit premiers mois de 2026, un montant qui pourrait approcher les 3 milliards d'ici la fin de l'année selon Africa: The Big Deal. Mais cette embellie masque une concentration croissante sur quelques pays et un recours de plus en plus marqué à la dette plutôt qu'au capital-risque classique.

Après plusieurs années de ralentissement, l'écosystème des startups africaines affiche un léger rebond en 2026. Entre janvier et août, 2,10 milliards de dollars ont été levés sur 275 opérations de financement, selon les données de TechCabal - une hausse d'environ 1,4 % par rapport aux 2,07 milliards comptabilisés sur la même période en 2025. Selon la plateforme de référence Africa: The Big Deal, le cap des 2 milliards de dollars, hors cessions d'entreprises, a été franchi fin septembre, et la tendance pourrait porter le total à près de 3 milliards de dollars d'ici la fin de l'année.

Un rebond en dents de scie

Les chiffres mensuels dessinent une courbe irrégulière plutôt qu'une reprise linéaire. Février a enregistré 361,7 millions de dollars levés, soit une hausse de 209 % par rapport au même mois en 2025. Juin a suivi avec 334,7 millions de dollars (+56 %), puis août avec 438,01 millions de dollars, en hausse de 368 % sur un an. Entre ces pics, plusieurs mois plus calmes rappellent que l'embellie reste fragile et inégalement répartie dans le temps.

Cinq pays concentrent l'essentiel des financements

Le classement par pays, établi par TechCabal sur les huit premiers mois de l'année, confirme la concentration géographique des financements. Le Nigeria arrive en tête avec 528,6 millions de dollars levés. Le Bénin occupe la deuxième place, avec 327,1 millions de dollars, portés en grande partie par une opération de 215 millions de dollars (dette et fonds propres combinés) bouclée en juin par Spiro, spécialiste des deux-roues électriques. Suivent l'Égypte (322 millions de dollars), l'Afrique du Sud (248,2 millions) et le Kenya (216,6 millions). Les secteurs les plus actifs restent la mobilité, le commerce électronique et les énergies propres.

La dette, nouvel outil de financement privilégié

Au-delà des montants, c'est la nature même des financements qui évolue. Selon Africa: The Big Deal, la dette représente une part croissante des capitaux levés par les startups africaines, dans un contexte où les investisseurs en capital-risque privilégient la rentabilité et la discipline financière après la correction qu'a connue le marché mondial du capital-risque ces dernières années. Une grande partie de cette dette provient d'institutions de financement du développement et de fonds d'impact social, plutôt que de fonds de capital-risque classiques.

Ce basculement s'explique en partie par la nature des secteurs qui attirent le plus de capitaux : les technologies propres, l'énergie solaire, la logistique et l'agriculture sont des activités gourmandes en actifs physiques et en matériel, pour lesquelles la dette est souvent jugée plus adaptée que les fonds propres classiques.

Des opérations plus discrètes, mais nombreuses

Si les très grosses levées de fonds concentrent l'attention, de nombreuses opérations de taille plus modeste, aux montants parfois non divulgués, continuent d'irriguer l'écosystème. C'est le cas de Yellow, qui a bouclé une série C menée par Convergence Partners, de Flowt, qui a réalisé un tour de pré-amorçage avec Delta40, Impacc et la Fondation Argidius, ou encore de Mathesis Analytics, soutenue par Sewa Capital, et de Dawa Mkononi, accompagnée par Africa Health Ventures. Le fonds Five35 Ventures, spécialisé dans l'investissement sensible au genre, a de son côté investi dans cinq entreprises : Fincart, BuuPass, Daleela, Pricepally et Malaica.

Une embellie qui masque une réalité plus difficile pour les jeunes pousses

Les chiffres globaux, en progression, masquent cependant une réalité plus préoccupante pour les startups les plus jeunes et les moins établies, selon TechCabal. La concentration des financements sur un nombre restreint de pays et d'opérations de grande taille laisse craindre que les structures en phase d'amorçage, moins visibles dans les statistiques globales, peinent davantage à accéder au financement. Depuis 2019, plus de 25 milliards de dollars ont été investis dans plus de 2 600 startups africaines ayant chacune levé au moins 100 000 dollars - un historique qui permet de mesurer combien la trajectoire de 2026, si elle se confirme, resterait inférieure aux années fastes du secteur.

Ce qui reste incertain

La part exacte que représente la dette dans le total des 2,1 milliards de dollars levés n'est pas chiffrée précisément par les sources disponibles. De même, la projection à 3 milliards de dollars d'ici la fin de l'année reste une extrapolation fondée sur la tendance des premiers mois, et non une donnée consolidée. Latest-One mettra à jour ces chiffres lorsque les bilans de fin d'année seront publiés.

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