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Prix Nobel de la paix 2026 : la Sud-Africaine Navi Pillay récompensée pour son combat pour le droit international

Par La rédactionMonde
Un gros plan détaillé d'une statue de Lady Justice tenant des balances, symbolisant la loi et la justice.
Image d'illustration : statue de la Justice (photo générique, sans lien direct avec Navi Pillay ou le prix Nobel)Jaiju Jacob · Pexels License

Le Comité Nobel norvégien a attribué le prix Nobel de la paix 2026 à Navi Pillay, juriste sud-africaine de 85 ans, ancienne Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme et juge à la Cour internationale de justice, pour ses « efforts en faveur de la paix et du droit international ». Sa désignation, qui intervient alors qu'elle a présidé une commission d'enquête de l'ONU sur Gaza, a suscité autant de louanges que de vives critiques.

Le Comité Nobel norvégien a annoncé le 9 octobre à Oslo l'attribution du prix Nobel de la paix 2026 à Navanethem « Navi » Pillay, juriste sud-africaine de 85 ans, pour ses « efforts en faveur de la paix et du droit international ». Elle devient la cinquième Sud-Africaine à recevoir cette distinction, après notamment Nelson Mandela et Desmond Tutu. La cérémonie de remise se tiendra à Oslo le 10 décembre ; le prix est doté de 12 millions de couronnes suédoises.

De l'apartheid aux tribunaux internationaux

Née en 1940 à Durban, dans une famille d'origine tamoule, Navi Pillay a grandi sous le régime de l'apartheid. Diplômée en droit de l'Université du Natal, elle devient la première femme de la province à ouvrir son propre cabinet d'avocats et défend plusieurs militants anti-apartheid. En 1973, elle obtient une décision de justice garantissant un accès légal et des droits fondamentaux aux prisonniers politiques détenus sur l'île de Robben Island, où était alors incarcéré Nelson Mandela.

Elle devient ensuite la première femme de couleur nommée à la Haute Cour d'Afrique du Sud, avant de présider le Tribunal pénal international pour le Rwanda, chargé de juger les responsables du génocide de 1994. Le comité Nobel salue en particulier son rôle dans la reconnaissance du viol et des violences sexuelles comme crimes contre l'humanité et actes constitutifs de génocide, ainsi qu'une décision inédite ayant permis de poursuivre un accusé pour incitation au génocide sur la seule base de propos propagandistes.

De 2008 à 2014, elle occupe le poste de Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme. Elle siège aujourd'hui à la Cour internationale de justice, où elle est notamment impliquée dans l'affaire opposant la Gambie au Myanmar sur des accusations de génocide contre la minorité rohingya.

Un prix décerné dans un climat de controverse

La distinction intervient alors que Navi Pillay a présidé, jusqu'à récemment, la Commission d'enquête internationale indépendante des Nations unies sur le territoire palestinien occupé. Ce groupe d'experts a conclu en 2025 qu'Israël avait commis un génocide à Gaza, une qualification rejetée par le gouvernement israélien. Le comité Nobel, dans ses attendus, a souligné que le droit international traverse une période de fortes tensions et que ses institutions sont attaquées, présentant la récompense comme une défense de ces institutions.

Les réactions ont été vives et contrastées. Le président américain Donald Trump a jugé que le comité « s'est déshonoré de façon irréparable », qualifiant Navi Pillay de « détractrice acharnée des États-Unis et d'Israël ». Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé que le comité avait « perdu sa boussole morale », accusant la lauréate de propager des accusations infondées contre Israël. À l'inverse, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a salué « un hommage profond » rendu à une femme qui « a servi l'humanité avec des principes et la conviction que le monde peut et doit être meilleur ».

Navi Pillay a appris la nouvelle par la presse. Elle a indiqué vouloir dédier le prix à « tous les survivants de crimes internationaux » et a insisté sur la nécessité de défendre l'État de droit et l'indépendance des tribunaux.

Un symbole pour le Sud global

Le choix du comité Nobel est aussi lu comme un signal politique. L'analyste Ashok Swain a qualifié la désignation de « surprise agréable », estimant qu'elle pouvait être interprétée comme un message adressé à Donald Trump, qui a lui-même revendiqué à plusieurs reprises mériter le prix pour avoir, selon ses mots, réglé huit conflits. Parmi les 287 candidats de cette édition, 208 personnes et 79 organisations avaient été proposés, dont Volodymyr Zelensky, le pape Léon XIV ou encore le mouvement citoyen sud-coréen de la « révolution de la lumière ».

Ce qui reste incertain

Les nominations au prix Nobel restent secrètes pendant cinquante ans et seules les personnes ou organisations ayant proposé un candidat peuvent, de leur propre initiative, révéler son nom. Les motivations précises ayant conduit le comité à privilégier Navi Pillay parmi les favoris pressentis, dont Donald Trump lui-même, n'ont pas été détaillées publiquement au-delà du communiqué officiel.

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