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Guerre en Iran : le détroit d'Ormuz au cœur d'une escalade record en octobre

Par La rédactionMonde
Des porte-conteneurs naviguant sur les eaux océaniques sous un ciel dégagé, mettant en valeur le transport maritime.
Image d'illustration : porte-conteneurs en mer (photo générique, sans lien avec les événements du détroit d'Ormuz).Fred dendoktoor · Pexels License

Depuis début octobre 2026, les attaques contre les pétroliers se multiplient dans et autour du détroit d'Ormuz, où les Gardiens de la révolution iraniens affirment maintenir la voie maritime « fermée ». Washington a renforcé sa présence militaire tandis que l'Arabie saoudite continue d'intercepter drones et missiles houthis au-dessus de son territoire.

Près de huit mois après le déclenchement de la guerre entre l'Iran et la coalition menée par l'Arabie saoudite, le détroit d'Ormuz connaît en ce mois d'octobre 2026 sa phase la plus intense depuis le début des hostilités. Selon l'agence maritime britannique UKMTO (United Kingdom Maritime Trade Operations), au moins 23 attaques contre des navires ont été recensées depuis le 1er octobre, contre 13 lors du précédent pic enregistré en mars — soit près du double. L'agence a indiqué avoir du mal à rendre compte avec précision du nombre réel d'incidents, la plupart des armateurs ayant cessé de signaler les attaques par crainte de voir grimper leurs primes d'assurance.

Le détroit déclaré « fermé » par Téhéran

Samedi 17 octobre, la marine des Gardiens de la révolution islamique a de nouveau affirmé que le détroit d'Ormuz restait fermé « à tous les navires, quelle que soit leur nationalité », avertissant que tout bâtiment désactivant son système de navigation serait considéré comme hostile. Selon cette même source, deux pétroliers ont pris feu après avoir heurté des mines, dont un superpétrolier transportant plus de deux millions de barils de brut. L'UKMTO a également signalé des tirs de roquette antichar contre un navire et une attaque à l'arme non identifiée au large d'Oman et du Yémen, sans faire état de victimes parmi les équipages.

En réponse, les États-Unis ont mis en place leur propre contre-blocus naval visant les exportations pétrolières iraniennes, selon le média émirati Gulf News. Plus de 50 000 militaires américains sont désormais déployés dans la région, d'après le commandement central américain (CENTCOM), qui évoque des difficultés financières croissantes pour Téhéran.

L'Arabie saoudite sous le feu des Houthis

Au sud de la péninsule Arabique, la coalition dirigée par Ryad a annoncé avoir intercepté et détruit samedi quatre drones au-dessus de la capitale saoudienne et des régions orientale et méridionale du royaume. Elle avait auparavant neutralisé un missile balistique visant la ville de Yanbu et deux missiles de croisière au-dessus de la mer Rouge. Les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, ont de leur côté revendiqué des tirs de missiles près de l'aéroport d'Aden, tenu par le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Depuis la reprise de leur offensive en juillet contre ce gouvernement après quatre années d'accalmie, les Houthis mènent des frappes quasi quotidiennes contre l'Arabie saoudite. Elles auraient fait une vingtaine de morts ces dernières semaines, dont treize personnes à l'aéroport international Roi-Khaled de Riyad, selon des informations relayées par Reuters. Plusieurs compagnies aériennes, dont Air India, ont suspendu leurs vols vers Jeddah, Ryad et Dammam jusqu'au 24 octobre, et Londres comme Washington ont mis en garde leurs ressortissants contre le risque d'attaques visant les aéroports.

Téhéran nie, Washington temporise

L'Iran continue de nier tout rôle dans les attaques houthies et a de nouveau proposé sa médiation, une offre rejetée par le ministre yéménite des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a pour sa part plaidé pour un « processus politique » afin de mettre fin au conflit. Le président Donald Trump, qui a rejeté une proposition iranienne de cessez-le-feu incluant la réouverture du détroit, a assuré que les États-Unis n'attaqueraient pas l'Iran avant les élections de mi-mandat de novembre, tout en maintenant la pression : la Maison Blanche et le Pentagone auraient préparé des plans d'utilisation de bombes anti-bunker de forte puissance contre des sites militaires iraniens si l'ordre en était donné, selon CBS News.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a par ailleurs indiqué que Le Caire était prêt à « défendre » l'Arabie saoudite si la demande en était faite, sous réserve d'une autorisation parlementaire. De son côté, Donald Trump a appelé Ryad à accepter l'aide israélienne contre les Houthis et évoqué une possible reprise des discussions sur une normalisation saoudo-israélienne.

Un coût économique et humain qui s'alourdit

Sur le plan économique, l'Irak voisin estime avoir perdu environ 60 milliards de dollars de recettes d'exportation pétrolière depuis le début du conflit, même si ses exportations sont remontées à environ 2,6 millions de barils par jour en septembre. Ses réserves de change ont chuté de 20 milliards de dollars et les prix à la consommation ont fortement augmenté. Plusieurs compétitions sportives prévues en Arabie saoudite ont été annulées ou reportées, même si les organisateurs assurent que la Coupe d'Asie des nations de football, prévue en janvier 2027, reste maintenue.

Des tractations diplomatiques se poursuivent en parallèle, selon Al Jazeera, qui évoque des pourparlers indirects entre Washington et Téhéran sans qu'aucun accord n'ait, à ce stade, été trouvé. Les Houthis ont de leur côté libéré 159 prisonniers progouvernementaux dans le cadre d'une amnistie, confirmée par le Comité international de la Croix-Rouge — un geste isolé qui ne semble pas annoncer, pour l'instant, de désescalade générale.

Ce qui reste incertain

Les bilans humains varient sensiblement selon les sources, qui reconnaissent elles-mêmes des difficultés à vérifier les informations sur le terrain. L'ampleur exacte des pertes de barils liées à la fermeture partielle du détroit, par opposition à la prime de risque payée par les assureurs et armateurs, continue également de faire débat parmi les analystes. Latest-One suivra l'évolution de la situation.

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