Gaza : le désarmement du Hamas toujours bloqué deux mois après l'accord de principe

Annoncé fin juillet par Donald Trump, l'accord prévoyant le désarmement progressif du Hamas et le retrait israélien de Gaza reste sans calendrier précis. Sur le terrain, l'ONU recense plus de 100 morts palestiniens depuis fin juillet malgré la trêve.
Deux mois après l'annonce d'un accord de principe sur le désarmement du Hamas à Gaza, le processus reste largement bloqué. Aucun calendrier précis n'a été fixé, et les violences continuent de faire des victimes malgré le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025.
Un accord annoncé fin juillet, sans mécanisme d'application
Le 31 juillet 2026, Donald Trump a annoncé que le Hamas avait accepté un plan de désarmement progressif. Selon les informations disponibles, les armes du mouvement palestinien ne seraient pas remises à Israël mais à un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), une instance de technocrates chargée de la gestion transitoire du territoire. L'accord prévoit également le démantèlement des tunnels et des dépôts d'armes, ainsi que le déploiement d'une Force internationale de stabilisation (ISF) chargée notamment de former une nouvelle police palestinienne.
Nickolay Mladenov, haut représentant du Conseil de la paix pour Gaza, a qualifié cet accord de « percée historique ». Le mécanisme retenu reposerait sur le principe « une autorité, une loi, une arme », avec une vérification de chaque étape avant de passer à la suivante.
Le désaccord sur l'ordre des étapes
Le principal point de blocage concerne la séquence des opérations. Le Hamas conditionne la remise de ses armes à un retrait préalable, ou au moins simultané, des forces israéliennes présentes dans la bande de Gaza. De son côté, Israël exige que le désarmement précède tout retrait supplémentaire. Les négociateurs égyptiens, américains, qataris et turcs poursuivent leurs discussions pour tenter de fixer un échéancier commun, sans qu'un accord n'ait, à ce stade, été rendu public.
La composition exacte et le calendrier de déploiement de la Force internationale de stabilisation restent eux aussi à préciser.
Une trêve qui continue de tuer
Selon un point de situation de l'ONU, plus de 100 Palestiniens ont été tués et plus de 400 blessés depuis la fin juillet, malgré le cessez-le-feu officiellement en vigueur. Un négociateur cité par les Nations unies a résumé la situation ainsi : « Un cessez-le-feu sous lequel des civils continuent d'être ensevelis n'est pas encore un cessez-le-feu que les habitants de Gaza peuvent ressentir ».
Sur le plan humanitaire, la situation demeure critique : l'appel de fonds de l'ONU pour 2026 n'est financé qu'à hauteur de 40 %, alors que l'accès à l'eau, à l'assainissement, à l'énergie et aux abris reste très limité pour la population de Gaza.
Ce qui reste incertain
À la date de publication, aucune source ne permet de confirmer un calendrier précis de désarmement ni la composition définitive de la Force internationale de stabilisation. L'évolution de la position israélienne, notamment sur l'ordre des étapes, demeure également incertaine, de même que la capacité du Hamas à faire appliquer l'accord sur l'ensemble du territoire de Gaza.



