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Soudan : à El-Obeid, l'ONU redoute la répétition du massacre d'El-Fasher

Par La rédactionMonde
Paysage désertique au coucher du soleil, image d'illustration générique sans lien avec les événements décrits à El-Obeid
Image d'illustration : paysage désertique (photo générique, sans rapport avec les faits rapportés)Francesco Ungaro / Pexels · Pexels License

Après la chute d'El-Fasher fin 2025, marquée par des atrocités qualifiées de « nettoyage ethnique » par Amnesty International, c'est désormais la ville d'El-Obeid, au Kordofan du Nord, qui se trouve sous la menace d'une offensive des Forces de soutien rapide (FSR). L'armée soudanaise y a repris du terrain début septembre, mais plus de 500 000 civils restent en danger selon l'ONU.

La guerre civile qui déchire le Soudan depuis avril 2023 continue de faire craindre le pire pour les populations civiles. Après la chute d'El-Fasher fin 2025, c'est désormais la ville d'El-Obeid, au Kordofan du Nord, qui concentre les inquiétudes des organisations humanitaires et de l'ONU.

El-Fasher, un précédent qui hante

El-Fasher, capitale du Darfour-Nord, était tombée aux mains des Forces de soutien rapide (FSR) en octobre 2025, après un siège débuté en mai 2024. Dans un rapport publié le 1er juillet 2026, Amnesty International a documenté des massacres, des viols et des actes de torture visant en particulier la population non arabe zaghawa, des exactions que l'organisation qualifie de « nettoyage ethnique ». Une mission d'enquête de l'ONU avait déjà évoqué en février 2026 des violences portant les « marques d'un génocide ». La secrétaire générale d'Amnesty International, Agnès Callamard, a averti que les FSR « répéteront les mêmes crimes, encore et encore, si rien n'est fait pour les arrêter ».

El-Obeid, prochaine cible potentielle

Depuis juillet 2026, Amnesty International alerte sur des signes crédibles d'une offensive imminente des FSR contre El-Obeid, ville stratégique du Kordofan du Nord assiégée par intermittence depuis avril 2023. L'organisation redoute une répétition du scénario d'El-Fasher et appelle au déploiement urgent d'une force internationale pour protéger les civils.

Sur le terrain, la situation reste disputée : l'armée soudanaise conserve des positions à l'intérieur de la ville, dont l'aéroport et l'état-major, tandis que les FSR tiennent les abords au nord, à l'ouest et au sud. Le 6 septembre 2026, l'armée a repris la localité de Hamrat al-Wiz, compliquant les manœuvres d'encerclement des FSR, dans un contexte où l'été 2026 a vu s'intensifier les frappes de drones, avec un pic de 27 attaques recensées au mois de juin.

Une population civile prise au piège

Selon le Conseil de sécurité de l'ONU, qui a adopté une déclaration le 20 juin 2026 mettant en garde contre un « risque imminent d'atrocités de masse », plus de 500 000 civils seraient directement menacés à El-Obeid. Les habitants manquent de nourriture, d'eau potable, de carburant et de médicaments, et des organisations font état d'exécutions sommaires, d'enlèvements, de tortures et de violences sexuelles liées au conflit. Sept pays européens ont appelé le 23 juin 2026 à un arrêt immédiat des attaques des FSR contre la ville.

Ce qui reste incertain

La situation militaire à El-Obeid évolue rapidement et les bilans humains cités dans cet article proviennent de sources onusiennes et d'ONG qui ne peuvent être vérifiées de façon totalement indépendante sur le terrain. Il n'est pas possible de prédire si l'offensive redoutée par Amnesty International se concrétisera.

Sources

Article rédigé à partir des informations d'Amnesty International et d'Al Jazeera.

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