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Starlink en Inde : Elon Musk accuse Mukesh Ambani de bloquer son lancement

Par La rédactionTech
Une grande antenne parabolique avec un ciel bleu clair en arrière-plan, mettant en valeur la technologie de communication moderne.
Image d'illustration : grande antenne parabolique de communication (photo générique, sans lien avec Starlink, Elon Musk ou Mukesh Ambani).Jake Heinemann · Pexels License

Depuis le 7 octobre, Elon Musk multiplie sur X les attaques contre Mukesh Ambani, qu'il accuse sans preuve de retarder le lancement commercial de Starlink en Inde pour protéger le monopole de Reliance Jio. Le gouvernement indien rejette ces accusations et affirme que les trois opérateurs satellitaires autorisés, dont Starlink et Jio, sont logés à la même enseigne réglementaire.

Depuis le 7 octobre 2026, Elon Musk multiplie sur le réseau X les attaques contre Mukesh Ambani, l'homme le plus riche d'Inde, qu'il accuse de retarder le lancement commercial de Starlink dans le pays. Le gouvernement indien a rejeté ces accusations dès le lendemain, les qualifiant d'infondées.

Une escalade en plusieurs temps sur X

Tout commence le mercredi 7 octobre, lorsque Musk répond à un message évoquant plus de 11 000 villages indiens toujours privés de couverture mobile. Sans citer de nom ni fournir de preuve, il écrit : « Unfortunately, we are being blocked by certain oligarchs in order to maintain their monopolistic chokehold on the Indian people » (« Nous sommes malheureusement bloqués par certains oligarques qui veulent préserver leur emprise monopolistique sur le peuple indien »).

Le lendemain, jeudi 8 octobre, il passe à l'attaque directe contre Mukesh Ambani, rappelant que Starlink a « passé cinq ans à se conformer à chaque loi et exigence du gouvernement indien » avant de demander pourquoi l'entreprise n'a toujours pas obtenu de licence d'exploitation commerciale. Il interroge alors ouvertement : « Is Ambani the real boss of India? » Le vendredi 9 octobre, Musk pousse l'ironie plus loin en s'adressant à Ambani comme à un chef d'État — « Dear Prime Minister Ambani » — et le qualifie de « real boss of India », l'accusant de vouloir « maintenir son exploitation monopolistique du grand peuple indien ». Le même jour, il relaie des articles de presse évoquant des liens entre le financement politique d'une entreprise proche de Reliance et la campagne Facebook du parti au pouvoir, le BJP. Un nouveau message, accompagné d'une image, a suivi le 10 octobre.

Une riposte ferme du gouvernement indien

Dès le 8 octobre, le ministère indien des Communications a qualifié les accusations de Musk de « baseless » (infondées). Le 9 octobre, le ministre des Communications, Jyotiraditya Scindia, est allé plus loin en affirmant que l'Inde n'autorise les monopoles dans aucun secteur et que tous les opérateurs satellitaires doivent répondre aux mêmes exigences réglementaires avant de pouvoir lancer leurs services commerciaux. Selon le ministère, le processus d'autorisation est non discriminatoire et s'applique de façon identique aux trois entreprises ayant obtenu une licence de télécommunications par satellite : Starlink, Jio Satellite Communications — filiale de Reliance — et Eutelsat OneWeb, soutenue par le groupe Bharti. Toutes trois se trouveraient, selon le gouvernement, « au même stade réglementaire ».

Un cadre réglementaire à plusieurs étages

En Inde, l'obtention d'une licence de télécommunications par satellite ne suffit pas à elle seule pour démarrer un service commercial. Les opérateurs doivent encore obtenir l'attribution de fréquences (le spectre) et passer des évaluations de sécurité, un processus que le gouvernement affirme avoir toujours en cours pour les trois entreprises concernées. SpaceX avait pourtant signé dès 2025 des accords de distribution avec Reliance Jio et Bharti Airtel pour commercialiser Starlink auprès de leurs clients respectifs — des accords qui restent suspendus à ces mêmes autorisations.

L'enjeu commercial explique en partie la tension. L'Inde constitue le deuxième marché internet mondial, avec plus d'un milliard d'abonnements actifs, mais environ 500 millions d'Indiens demeurent non connectés, freinés par le coût, la fiabilité des réseaux ou le manque d'infrastructures dans les zones isolées — des obstacles que les satellites en orbite basse de Starlink pourraient contourner. Reliance Jio, de son côté, revendiquait plus de 520 millions de clients au 31 mars, ce qui en fait l'un des plus gros fournisseurs d'accès internet au monde et un concurrent direct potentiel de Starlink sur ce segment.

« L'Inde n'autorise les monopoles dans aucun secteur », a répondu le ministre des Communications Jyotiraditya Scindia, rejetant l'idée qu'un groupe industriel puisse empêcher un concurrent d'entrer sur le marché.

Ce qui reste incertain

Aucun des messages publiés par Elon Musk n'est à ce jour étayé par une preuve concrète d'une intervention de Mukesh Ambani ou de Reliance dans le processus d'autorisation de Starlink. De même, ni les déclarations du gouvernement indien ni celles de Musk ne permettent d'établir avec certitude les raisons exactes du retard pris par Starlink, ni la date à laquelle l'entreprise pourra effectivement lancer ses services commerciaux en Inde.

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