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Puces d'IA : la part de marché de Nvidia en Chine tombe à 34 %, Taïwan resserre la vis contre la contrebande

Par La rédactionTech
Photo macro haute résolution d'une puce de processeur d'ordinateur avec des broches dorées sur fond bleu.
Image d'illustration : puce de processeur en gros plan (photo générique, sans lien avec les événements évoqués dans l'article)Illustration, non photographiqueJimmy Chan · Pexels License

La part de marché de Nvidia sur le segment chinois des puces d'intelligence artificielle est tombée à environ 34 % au premier semestre 2026, selon le cabinet IDC, ses expéditions ayant chuté de 44 % sur un an sous l'effet des restrictions américaines à l'export. Dans le même temps, Taïwan a annoncé son intention de durcir sa législation contre la contrebande de semi-conducteurs avancés vers la Chine, après plusieurs affaires révélées cette année.

La part de marché de Nvidia sur le segment chinois des puces d'intelligence artificielle est tombée à environ 34 % au premier semestre 2026, selon un rapport du cabinet d'études IDC relayé cette semaine par la presse spécialisée. Ses expéditions d'accélérateurs d'IA vers la Chine ont chuté de 44 % sur un an, à 678 000 unités, sous l'effet des restrictions américaines à l'export. Dans le même temps, Taïwan a annoncé son intention de durcir sa législation contre la contrebande de semi-conducteurs avancés vers la Chine, après plusieurs affaires révélées cette année impliquant des entreprises du secteur.

Une domination qui s'effrite sous l'effet des contrôles américains

Pendant des années, les puces graphiques et accélérateurs d'intelligence artificielle de Nvidia ont dominé sans partage le marché chinois, faute d'alternative locale aussi performante. Le durcissement progressif des contrôles américains à l'export, qui limitent la capacité du groupe californien à livrer ses composants les plus avancés aux clients chinois, a toutefois rebattu les cartes. Le recul de 44 % des volumes expédiés sur un an illustre l'ampleur du phénomène, même si Nvidia reste, à l'échelle mondiale, la force dominante du secteur de l'intelligence artificielle.

Huawei et les fabricants chinois en embuscade

Ce retrait partiel profite directement aux fabricants chinois locaux, à commencer par Huawei, cité par IDC parmi les entreprises ayant su exploiter cet environnement réglementaire pour étendre leur présence sur le marché intérieur. Sans disposer encore de la même maturité technologique que les puces les plus avancées de Nvidia, les solutions chinoises bénéficient d'un accès sans entrave au marché domestique, là où leur concurrent américain doit composer avec des autorisations d'exportation de plus en plus restrictives. Le patron de Nvidia, Jensen Huang, a d'ailleurs publiquement critiqué ces mesures américaines, estimant qu'elles renforcent involontairement ses concurrents chinois en limitant son accès direct à l'un des plus grands marchés mondiaux de l'IA.

Taïwan veut fermer la porte de la contrebande

Dans ce contexte, le ministre taïwanais des Affaires économiques, Kung Ming-hsin, a annoncé le 16 octobre le projet d'ajouter les serveurs d'intelligence artificielle et les semi-conducteurs avancés à la liste des biens contrôlés de l'île. Concrètement, l'envoi de ce type de matériel vers la Chine deviendrait un délit au titre de la loi sur le commerce extérieur, alors que Taïwan s'appuie aujourd'hui essentiellement sur une liste noire d'entreprises, qui avait déjà intégré Huawei et le fondeur chinois SMIC à la mi-2025. Le nouveau dispositif viserait cette fois l'ensemble du marché chinois, et non plus seulement certaines sociétés désignées. Selon le ministre, ces contrôles permettraient d'aligner Taïwan sur le régime américain et donneraient aux autorités « davantage d'outils juridiques » pour lutter contre la contrebande. Le projet doit encore passer par une modification législative, sans calendrier fixé à ce stade.

Une série d'affaires qui a précédé l'annonce

Cette initiative fait suite à plusieurs affaires retentissantes survenues au cours de l'année 2026. Des contrebandiers présumés de puces d'IA avaient été interpellés à Taïwan en mai, avant qu'une perquisition ne vise en juin les bureaux du groupe américain Super Micro Computer, dans le cadre d'une enquête sur un possible trafic de composants Nvidia. En juillet, des dirigeants de Super Micro ont été poursuivis pour faux, sans toutefois être inculpés pour contrebande, tandis qu'un employé de Nvidia aurait lui aussi été détenu dans le cadre d'une enquête similaire. En août, des procureurs taïwanais ont mis en accusation des employés soupçonnés d'avoir organisé un trafic de serveurs d'IA transitant par trois pays avant d'atteindre la Chine. Aux États-Unis, un cofondateur de Super Micro avait déjà été inculpé en mars pour avoir conspiré à faire passer en contrebande des milliards de dollars de puces.

Ce qui reste incertain

Le calendrier d'adoption de la nouvelle loi taïwanaise, la liste précise des produits qui seraient concernés et le régime de sanctions applicable n'ont pas encore été arrêtés. Les autorités chinoises et américaines n'ont, à ce stade, pas réagi publiquement à l'annonce taïwanaise selon les sources disponibles. Le chiffre de part de marché de 34 % provient d'un rapport IDC relayé par la presse économique et n'a pas été confirmé de façon indépendante par Nvidia.

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