Informatique quantique : Quantinuum démontre pour la première fois un calcul universel via des anyons non-abéliens

Une équipe associant Quantinuum, l'Université de Chicago, Harvard et Stony Brook a démontré, dans une étude publiée le 25 septembre dans Nature, qu'il est possible d'effectuer tout calcul quantique universel en manipulant des particules exotiques appelées anyons non-abéliens sur le processeur H2.
Une équipe de recherche associant l'entreprise Quantinuum, l'Université de Chicago, Harvard et Stony Brook University a franchi une étape importante pour l'informatique quantique : la démonstration, pour la première fois, d'un ensemble complet d'opérations quantiques universelles reposant sur des particules exotiques appelées anyons non-abéliens. Les résultats ont été publiés le 25 septembre 2026 dans la revue Nature.
Des particules capables de « tout faire »
Contrairement aux particules ordinaires, les anyons non-abéliens ont la particularité de conserver une mémoire de la façon dont ils ont été déplacés les uns autour des autres, un phénomène appelé tressage (« braiding »). Cette propriété permet en théorie de réaliser des opérations de calcul quantique de manière intrinsèquement plus robuste aux erreurs.
Le physicien Ruben Verresen, associé à l'étude, a résumé l'enjeu en expliquant qu'avec cette approche, il devient possible d'effectuer n'importe quel calcul quantique voulu. L'équipe a mené son expérience sur le processeur H2 de Quantinuum, en manipulant 54 qubits intriqués et en combinant des opérations de tressage et de fusion des particules.
Un potentiel pour réduire le coût de la correction d'erreur
L'un des principaux intérêts de cette approche dite « topologique » réside dans son potentiel à limiter le recours à la « distillation d'états magiques » (magic state distillation), un processus de correction d'erreur aujourd'hui très coûteux en nombre de qubits mobilisés. Si elle se confirme à plus grande échelle, cette méthode pourrait donc faciliter la construction d'ordinateurs quantiques plus efficaces.
Ce qui reste incertain
Le passage de cette démonstration expérimentale, menée sur 54 qubits, à des systèmes quantiques de bien plus grande taille reste un défi technique majeur non résolu à ce stade. Le calendrier d'une éventuelle application industrielle de cette approche n'est pas non plus précisé par les chercheurs.



