Cameroun : Samuel Eto'o visé par une nouvelle plainte pour détournement de fonds publics

Le président de la Fédération camerounaise de football Samuel Eto'o fait l'objet d'une nouvelle plainte déposée par l'association des clubs amateurs du pays, qui l'accuse d'avoir fait financer deux fois les mêmes dépenses liées à des matchs amicaux des Lions indomptables. Cette plainte s'ajoute à des accusations plus anciennes portant sur plus de 567 000 euros versés sur un compte personnel. L'ancien international, qui nie les faits, dénonce un acharnement.
Samuel Eto'o, président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) et figure historique du football africain, fait l'objet d'une nouvelle plainte pour détournement présumé de fonds publics. Elle a été déposée auprès du Tribunal criminel spécial de Yaoundé par l'Association des clubs de football amateur du Cameroun (ACFAC), selon des informations rapportées le 15 octobre par plusieurs médias camerounais et relayées par l'agence panafricaine AllAfrica.
Des matchs amicaux au cœur du dossier
La plainte porte sur les paiements liés à quatre matchs amicaux disputés par les Lions indomptables, dont la rencontre Russie-Cameroun à Moscou en octobre 2023 et un match contre le Mexique la même année. Selon l'ACFAC, des dépenses déjà prises en charge par l'État camerounais, à la demande de la Fecafoot, auraient également été financées séparément par les organisateurs de ces rencontres. L'association qualifie cette situation de « double emploi » et y voit un détournement de fonds publics.
Ce nouveau volet s'ajoute à une accusation plus ancienne, documentée en septembre par les quotidiens Le Monde et The Times : selon des documents cités par la presse, des paiements russes destinés au match de Moscou, pour un montant supérieur à 567 000 euros, auraient été versés non pas sur le compte de la Fecafoot, mais sur un compte détenu par Samuel Eto'o à la Qatar National Bank, à Doha.
D'anciens dirigeants à l'origine des premières accusations
Ce sont d'anciens responsables de la fédération, évincés selon eux depuis l'arrivée d'Eto'o à sa présidence, qui avaient initialement porté ces accusations à la connaissance de la presse. Ils affirment avoir saisi la commission d'éthique de la FIFA il y a plus d'un an, sans avoir reçu depuis de mise à jour substantielle sur l'avancement de cette procédure.
Samuel Eto'o avait démenti l'ensemble de ces accusations lors de leur première publication, affirmant que les transactions contestées avaient été dûment autorisées par les instances compétentes de la fédération. Il ne s'était pas encore exprimé publiquement, au moment de la rédaction de cet article, sur ce nouveau volet porté par l'ACFAC. Dans son entourage, on dénonce un « acharnement » que certains proches relient aux prises de position d'Eto'o en faveur des intérêts du football africain au sein des instances continentales et mondiales.
Une présidence déjà marquée par plusieurs polémiques
Âgé de 45 ans, Samuel Eto'o reste l'un des plus grands footballeurs que l'Afrique ait produits : 56 buts en 118 sélections avec le Cameroun, un passage par le FC Barcelone puis par Chelsea. Devenu président de la Fecafoot et membre du comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), il a toutefois traversé plusieurs épisodes controversés depuis sa prise de fonction.
En janvier 2026, la commission de discipline de la CAF l'avait suspendu pour quatre matchs des sélections camerounaises et lui avait infligé une amende de 20 000 dollars, après des gestes jugés inappropriés envers son homologue marocain Fouzi Lekjaa lors de l'élimination du Cameroun en quart de finale de la CAN face au Maroc. La Fecafoot avait dénoncé une sanction « sans justification explicite » et réaffirmé son soutien total à son président. Eto'o avait par ailleurs déjà été interdit par la FIFA, pendant six mois, d'assister aux matchs de l'équipe nationale, pour des faits remontant à la Coupe du monde féminine U-20 de 2020, et s'était excusé après avoir agressé un homme à l'issue d'un match de la Coupe du monde 2022 au Qatar.
Ce qui reste incertain
Au moment de la publication de cet article, Samuel Eto'o n'avait pas réagi publiquement à la nouvelle plainte de l'ACFAC, et ni la Fecafoot ni la CAF n'avaient répondu aux sollicitations des médias ayant relayé l'affaire. Le montant exact visé par cette nouvelle plainte n'a pas été précisé par les sources disponibles. Par ailleurs, l'état d'avancement de la procédure ouverte depuis plus d'un an devant la commission d'éthique de la FIFA n'a fait l'objet d'aucune communication officielle. Ces éléments restent à vérifier, et la présomption d'innocence s'applique à l'ensemble des accusations évoquées dans cet article tant qu'aucune décision judiciaire définitive n'a été rendue.



