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Au Moussem d'Assilah, des figures africaines et internationales plaident pour une « nouvelle géopolitique » du continent

Par La rédactionCulture
Une vue pittoresque des remparts antiques d'Essaouira en bord de mer, soulignant son charme historique.
Image d'illustration : remparts historiques de la ville côtière d'Essaouira, au Maroc (photo générique, sans lien avec le Moussem d'Assilah ni les intervenants cités).Msaidi Art · Pexels License

À Assilah, petite ville côtière du nord du Maroc, le 47e Moussem culturel international a réuni début octobre anciens chefs d'État, dirigeants d'institutions panafricaines et experts autour d'un même constat : l'intégration africaine ne pourra se faire sans une maîtrise commune de l'énergie et de l'eau. Loin des grands sommets médiatisés, ce forum fixe depuis près de cinquante ans un rendez-vous discret mais suivi pour penser l'avenir du continent.

Pendant que l'actualité internationale se concentre sur les grands sommets institutionnels, une petite ville côtière du nord du Maroc accueille depuis le 1er octobre un rendez-vous moins médiatisé mais suivi de près par les spécialistes des relations africaines : le Moussem culturel international d'Assilah. Sa 47e édition, qui se poursuit jusqu'au 18 octobre 2026 sous le haut patronage du roi Mohammed VI, a réuni début octobre d'anciens chefs d'État, des dirigeants d'institutions panafricaines et des experts autour d'un constat partagé : l'intégration du continent africain passera d'abord par la maîtrise commune de ses ressources énergétiques et hydriques.

Un forum discret, mais influent depuis près de cinquante ans

Organisé par la Fondation du Forum d'Assilah, une organisation non gouvernementale, le Moussem s'est imposé au fil des décennies comme l'un des rendez-vous culturels majeurs du royaume chérifien. Contrairement aux grands sommets diplomatiques classiques, il se présente comme « un espace de dialogue entre cultures, disciplines et générations », convoquant chaque année penseurs, responsables politiques, journalistes et artistes marocains et étrangers. Sa longévité – l'événement remonterait à la fin des années 1970 – en fait l'un des plus anciens forums de ce type sur le pourtour méditerranéen et africain.

L'énergie et l'eau, conditions d'une intégration africaine réussie

Les 2 et 3 octobre, deux colloques consécutifs ont donné le ton de cette édition 2026, organisés à la Bibliothèque Prince Bandar Bin Sultan du Centre Hassan II, autour du thème « Enjeux énergétiques et hydriques en Afrique et projets stratégiques : vers une nouvelle géopolitique ». Parmi les intervenants figuraient Sidi Ould Tah, président de la Banque africaine de développement (BAD), l'ancien ministre marocain Mohamed Boutaleb, l'ancien président de la Commission européenne Romano Prodi, l'ancien président de la Commission de l'Union africaine Moussa Faki Mahamat, ainsi que l'ancien ministre cap-verdien Victor Borges et le représentant centrafricain Illiassou Dicko.

Les échanges ont convergé vers trois priorités : une volonté politique réelle des États africains pour dépasser les blocages régionaux, le développement d'infrastructures stratégiques – citant notamment l'initiative « Mission 300 » pour l'accès à l'électricité et le programme « Desert to Power » – et une forme d'autonomie géopolitique du continent face aux recompositions internationales en cours. Selon les propos rapportés par l'agence panafricaine APA, Romano Prodi a résumé cette ambition en soulignant que « l'Afrique ne peut vivre isolée », tandis que Victor Borges a appelé les États africains à « élaborer des visions intégrées, fondées sur la diversification » plutôt que sur la seule exportation de matières premières.

L'Initiative atlantique, vitrine de la diplomatie marocaine

Dans ces discussions, l'Initiative atlantique portée par le roi Mohammed VI – qui vise à offrir aux pays sahéliens enclavés un accès facilité à l'océan Atlantique via les infrastructures portuaires marocaines – a été présentée à plusieurs reprises comme un exemple concret de cette « nouvelle géographie africaine » évoquée par les organisateurs. Le forum a également mis en avant les interconnexions énergétiques entre l'Afrique et l'Europe ainsi que la question des ressources minérales stratégiques du continent, deux dossiers sur lesquels Rabat cherche à se positionner comme un relais entre les deux rives de la Méditerranée et de l'Atlantique.

La suite du festival : le monde arabe à l'horizon 2030

Le Moussem d'Assilah ne s'arrête pas à ces questions africaines. Les 10 et 11 octobre, un nouveau colloque doit se pencher sur « le monde arabe à l'horizon 2030 », avec plusieurs diplomates et responsables politiques de la région annoncés parmi les intervenants selon la presse marocaine. Les organisateurs entendent y aborder la stabilité politique, la participation citoyenne et les conditions d'une croissance plus inclusive dans la région, dans la continuité de l'approche généraliste qui caractérise le festival depuis sa création.

Ce qui reste incertain

Les sources consultées documentent largement le contenu des débats et l'identité des intervenants, mais restent peu précises sur les suites concrètes données à ces discussions : aucun engagement financier chiffré ni calendrier de mise en œuvre des projets évoqués (interconnexions énergétiques, infrastructures hydriques) n'a pu être identifié à ce stade. Comme pour de nombreux forums de ce type, l'écart entre les intentions affichées lors des débats et leur traduction en politiques publiques ou en investissements reste, par nature, difficile à évaluer en temps réel.

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